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L'Étranger résumé

de Albert Camus
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Idées clés
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De quoi parle L'Étranger ?

La mère d'un homme meurt, et il ne pleure pas. Il va se baigner, entame une liaison, regarde un film comique — et des mois plus tard, sur une plage écrasée de soleil, il tue d'un coup de revolver un homme qu'il connaît à peine. À son procès pour meurtre, l'accusation s'attarde bien plus sur son absence de larmes à l'enterrement que sur le meurtre lui-même. Ce résumé de L'Étranger suit Meursault à travers les deux parties du roman d'Albert Camus, paru en 1942 chez Gallimard dans la France occupée. C'est le volet romanesque de ce que Camus appelait son « cycle de l'absurde », aux côtés de l'essai Le Mythe de Sisyphe, publié la même année, et de la pièce Caligula. Né en Algérie française, Camus reçut le prix Nobel de littérature en 1957, et ce livre demeure le plus lu et le plus étudié de son œuvre.

À quel genre appartient L'Étranger d'Albert Camus ?

L'Étranger est un roman philosophique bâti autour de l'idée d'absurde propre à Camus, réellement distincte de l'existentialisme même si on confond sans cesse les deux. Camus l'a dit lui-même, dans un entretien de 1945 : « Je ne suis pas existentialiste… le seul livre d'idées que j'aie publié, Le Mythe de Sisyphe, était dirigé contre les philosophes dits existentialistes. » L'existentialisme, au sens de Sartre, affirme que l'homme doit inventer son propre sens dans un univers sans Dieu. L'absurde selon Camus affirme que la recherche même de sens se heurte de plein fouet à un univers qui n'en offre aucun, et que ce heurt ne peut être résolu, seulement vécu, lucidement, sans désespoir ni échappatoire fabriquée — religieuse ou autre — qu'il nommait « suicide philosophique ». Meursault n'est pas un philosophe qui explique tout cela ; c'est un homme qui refuse simplement de jouer les émotions que tous attendent de lui, et ce refus est le véritable sujet du livre. Le lecteur attiré par un narrateur tout aussi aliéné et détaché, coupable d'un crime insensé, lira ensuite Crime et Châtiment, et celui qui cherche un personnage anéanti par une bureaucratie absurde et indifférente plutôt que par un univers indifférent lira La Métamorphose.

Pourquoi la première phrase compte-t-elle autant ?

En français, le roman s'ouvre sur : « Aujourd'hui, maman est morte. » La première traduction anglaise, celle de Stuart Gilbert en 1946, la rendait par « Mother died today » ; celle de Matthew Ward en 1988, aujourd'hui jugée plus fidèle au style plat de Camus, a conservé « Maman died today ». La différence n'a rien d'anodin. « Maman » est le mot intime et enfantin pour sa propre mère, proche de « Mom » ; « Mother » est formel et clinique. Des critiques ont soutenu que le choix de Gilbert prépare discrètement le lecteur anglophone à voir Meursault comme froid dès la première phrase, ce que ne fait pas l'original français. Le phénomène traverse tout le livre : le français de Camus s'appuie surtout sur le passé composé, conversationnel, plutôt que sur le passé simple plus littéraire habituel du récit, donnant aux événements une qualité plate, décousue, presque de procès-verbal, très difficile à rendre en anglais — d'où des écarts de formulation notables entre les traductions Gilbert et Ward, et pas seulement dans la phrase d'ouverture.

Résumé de L'Étranger

Ce résumé de L'Étranger s'ouvre sur Meursault, un employé de bureau français à Alger, qui apprend que sa mère est morte dans une maison de retraite à Marengo. Il ne sait même pas quel jour cela s'est produit. À la veillée, il boit du café et fume près du cercueil ; à l'enterrement, sous une chaleur brutale, il est surtout préoccupé par son propre inconfort physique plutôt que par le chagrin, et il refuse de revoir le corps une dernière fois. Il rentre chez lui soulagé à l'idée de pouvoir dormir.

Le lendemain, il entame une liaison avec Marie Cardona, une ancienne collègue — ils se baignent, voient une comédie et couchent ensemble. Son voisin Salamano injurie et bat chaque jour son vieux chien galeux, puis pleure ouvertement quand la bête s'enfuit : un contraste que le livre nous invite clairement à opposer aux yeux secs de Meursault à la mort de sa mère. Un autre voisin, Raymond Sintès, que l'on dit souteneur, entraîne Meursault dans son conflit avec une maîtresse arabe qu'il soupçonne de le tromper : Meursault écrit une lettre pour la faire revenir auprès de Raymond, puis accepte, avec indifférence, de témoigner pour lui après que Raymond l'a battue et que la police est intervenue. Le frère de la femme et ses amis se mettent alors à suivre Raymond.

Quand Marie demande à Meursault s'il l'aime, il répond que la question n'a aucun sens mais que sans doute non ; quand elle lui demande s'il veut l'épouser, il dit que cela lui est égal et qu'il le fera si elle le souhaite. Troublée, elle reste malgré tout avec lui.

Raymond invite Meursault et Marie dans un cabanon au bord de la mer appartenant à son ami Masson. Là, le groupe tombe sur les hommes arabes liés au conflit de Raymond ; une bagarre éclate et Raymond est blessé au couteau. Plus tard, en redescendant seul la plage pour fuir la chaleur, Meursault croise de nouveau le frère, seul, près d'une source. Aveuglé par la sueur et par le soleil qui miroite sur la lame, Meursault tire une fois — puis, après un silence, tire quatre autres balles dans le corps déjà inerte. La première partie s'arrête là, en plein geste.

Comment se termine L'Étranger, et que signifie cette fin ?

La deuxième partie suit l'arrestation, l'emprisonnement et le procès de Meursault, et le ton passe de la dérive sensorielle à quelque chose de bien plus procédural et étouffant. Un juge d'instruction est bien plus troublé par la conduite aux yeux secs de Meursault à l'enterrement de sa mère que par le meurtre, brandissant à un moment un crucifix et le traitant de « Monsieur l'Antéchrist » lorsque Meursault déclare calmement ne pas croire en Dieu.

Au procès, l'accusation construit presque tout son réquisitoire autour de l'absence de chagrin de Meursault — pas de larmes, café et cigarettes près du cercueil, ignorance de l'âge exact de sa mère, liaison avec Marie le lendemain de l'enterrement — plutôt qu'autour des circonstances réelles du coup de feu. L'avocat de Meursault proteste : « Est-il accusé d'avoir enterré sa mère ou d'avoir tué un homme ? », mais le procureur fond délibérément les deux, déclarant Meursault « moralement coupable de la mort de sa mère » et, en conclusion, simplement un « monstre… sans morale ». Il est condamné à mort par la guillotine.

Meursault refuse à plusieurs reprises de voir l'aumônier de la prison. Quand celui-ci vient malgré tout et le presse vers Dieu, Meursault explose, l'empoigne et hurle qu'aucune des certitudes de l'aumônier ne vaut « un cheveu de femme », qu'il est plus sûr de sa vie et de sa mort prochaine que le prêtre ne l'est de quoi que ce soit. Seul ensuite, il parvient à une sorte de paix : il comprend, pour la première fois, pourquoi sa mère avait pris un « fiancé » à la fin de sa vie et s'était sentie prête à tout recommencer — et il s'ouvre à ce que le livre nomme la « tendre indifférence du monde », la trouvant « si fraternelle » qu'il se sent avoir été heureux, et pouvoir l'être encore. Son seul vœu restant, dans les dernières lignes du roman, est qu'une foule hostile l'accueille par des « cris de haine » le jour de son exécution — une compagnie, fût-elle méprisante, plutôt que rien.

Qui sont les personnages principaux de L'Étranger ?

  • Meursault : Le narrateur, employé de bureau français à Alger, défini par un affect plat et un refus — ou une incapacité — de jouer les émotions que la société attend à l'enterrement de sa mère, dans sa relation avec Marie ou au tribunal. Il est condamné moins pour le meurtre que pour n'avoir pas su pleurer « comme il faut ».

  • Marie Cardona : Une ancienne collègue qui devient l'amante de Meursault le lendemain de l'enterrement. Chaleureuse et sincèrement attachée à lui, troublée mais non découragée par ses réponses indifférentes sur l'amour et le mariage.

  • Raymond Sintès : Le voisin de Meursault, réputé souteneur, dont le conflit avec sa maîtresse arabe et le frère de celle-ci prépare l'affrontement sur la plage qui s'achève par le meurtre.

  • Salamano : Un voisin âgé qui maltraite son vieux chien, puis est anéanti quand il disparaît — contraste appuyé avec la réaction aux yeux secs de Meursault à la mort de sa mère.

  • Céleste : Le patron du café où Meursault mange régulièrement, qui le défend au procès comme « un ami » et met le meurtre sur le compte de la « malchance ».

  • Masson : L'ami de Raymond, dont le cabanon est le théâtre du dimanche fatal, et qui témoigne plus tard de la correction de Meursault.

  • Le juge d'instruction : Troublé par l'athéisme et la platitude émotionnelle de Meursault, qu'il traite à un moment de « Monsieur l'Antéchrist ».

  • Le procureur : Fonde son réquisitoire sur l'absence de chagrin de Meursault plutôt que sur le meurtre, le qualifiant de « monstre » dans sa plaidoirie finale.

L'homme que Meursault tue n'est jamais nommé dans tout le roman — désigné seulement comme « l'Arabe », une vingtaine de fois — tandis que chaque personnage français, si secondaire soit-il, a un nom. C'est un point sérieux et bien documenté de la critique postcoloniale, non une lecture marginale : Edward Said l'a analysé dans Culture et Impérialisme, et le romancier Kamel Daoud y a répondu directement avec Meursault, contre-enquête (2013), narré par le frère fictif de la victime, qui lui donne enfin un nom — Moussa.

Meilleures citations de L'Étranger d'Albert Camus

Voici quelques-unes des phrases les plus célèbres de L'Étranger, citées ici dans le texte original français d'Albert Camus :

« Aujourd'hui, maman est morte. » — la première phrase du roman, restée célèbre.

« à cause du soleil » — l'explication que Meursault donne lui-même du meurtre.

« la tendre indifférence du monde » — l'apaisement auquel Meursault parvient, seul dans sa cellule, à la fin du livre.

Ces lignes comptent parmi les plus citées de la littérature française : elles condensent le ton plat de Meursault, l'absurdité du geste, et l'acceptation finale d'un monde indifférent mais non hostile.

Questions fréquentes

Pourquoi Meursault tue-t-il l'Arabe dans L'Étranger ?

Le roman refuse délibérément tout mobile net. Le déclencheur immédiat, tel qu'il est raconté, est une surcharge sensorielle — chaleur aveuglante, sueur, soleil qui miroite sur la lame — plutôt qu'une haine préméditée ou une légitime défense claire ; Meursault lui-même n'offre plus tard que « à cause du soleil » lorsqu'on le presse de s'expliquer. Sur le plan des thèmes, le meurtre prive le lecteur de tout récit causal rassurant, ce qui participe du propos plus vaste du livre sur l'insuffisance des explications ordinaires de l'action humaine.

Meursault est-il un sociopathe ou seulement d'une honnêteté brutale ?

La critique est réellement partagée, et le livre est fait pour rendre la question difficile à trancher. Meursault montre une vraie capacité de plaisir — auprès de Marie, dans la baignade, dans la sensation physique — qui dépasse le simple détachement clinique. La plupart des lectures le voient moins comme un cas clinique que comme le vecteur de la thèse du roman : il refuse de jouer des émotions qu'il n'éprouve pas, et la société lit ce refus comme monstrueux surtout parce qu'elle attend du rituel et de la représentation, non de l'honnêteté.

Que signifie la fin de L'Étranger ?

Face à l'exécution, Meursault cesse de résister à l'absurde et l'accepte : l'univers est indifférent, non malveillant, et plutôt que d'en désespérer, il y trouve une étrange fraternité — « si fraternelle ». Il affirme avoir été heureux et pouvoir l'être encore, refusant à la fois le faux espoir et l'aveuglement sur soi. Cela fait écho à la fin de l'essai de Camus Le Mythe de Sisyphe, paru la même année : « Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

Quelle est la différence entre l'absurde et l'existentialisme ?

L'existentialisme, au sens de Sartre, soutient que l'homme doit inventer son propre sens et ses propres valeurs dans un univers sans Dieu. L'absurde selon Camus soutient que le désir de sens est foncièrement inconciliable avec le silence de l'univers, et que cette tension ne peut être résolue, seulement vécue, lucidement, dans une révolte continue — sans désespérer (le suicide) ni fabriquer un sens de substitution par la religion ou l'idéologie, ce que Camus nommait « suicide philosophique ». Camus a explicitement et à plusieurs reprises refusé d'être appelé existentialiste.

Pourquoi l'Arabe n'a-t-il pas de nom dans L'Étranger ?

C'est un point réel et ancien de la critique littéraire, soulevé surtout par Edward Said, qui y voyait le reflet de l'angle mort colonial du cadre franco-algérien de Camus : les personnages arabes existent surtout comme décor plutôt que comme individus, alors même que l'intrigue tourne autour du meurtre de l'un d'eux. Le romancier Kamel Daoud y a répondu directement dans Meursault, contre-enquête (2013), en donnant à la victime un nom, Moussa, et un frère qui raconte.

À quel âge ou niveau de lecture L'Étranger convient-il ?

On l'étudie couramment de la classe de seconde ou première jusqu'à l'université, souvent en cours de français ou de philosophie, et il reste un texte standard dans le supérieur. Il comporte un meurtre et une relation physiquement violente, ainsi qu'un contenu philosophique dense, si bien que la plupart des programmes le placent au lycée et au-delà, l'arrière-plan philosophique prenant davantage d'importance à l'université.

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